Mérou brun de Méditerranée – Epinephelus marginatus

Retour Chap. 8

Critères de reconnaissance : Corps ovale, massif et robuste. Tête massive et yeux proéminents. Taches claires rayonnant autour de l’œil. Une seule nageoire dorsale. Queue arrondie à bordure blanche. Parties postérieures des nageoires dorsale et anale sombres

Description : Le mérou brun est un des plus gros poissons que rencontrera le plongeur sur nos côtes méridionnales françaises. C’est aussi le plus sympathique et le plus emblématique des poissons de Méditerranée. C’est un poisson de grande taille au corps ovale, massif et robuste (sa longueur fait moins de 4 fois sa hauteur). Sa taille commune dans nos eaux françaises va de 40 à 80 cm (les individus de 100 cm sont assez courants dans les zones de protection renforcée, la taille maximale étant d’environ 140 cm).
Il possède une tête massive aux yeux proéminents et, comme d’autres mérous proches, 3 épines operculaires bien marquées. Son ouverture buccale est très large, la mâchoire inférieure est proéminente et des taches claires rayonnant autour de l’œil (larmes et « Y » permettant l’identification de chaque individu).
La nageoire dorsale unique est caractérisée par 11 épines suivies vers l’arrière de 13 à 16 rayons mous. La nageoire anale est armée de trois épines qui sont clairement visibles. La queue, (nageoire caudale) large et arrondie finit par une bordure blanche distincte (également présente sur les autres nageoires). Elle est plus foncée, comme toutes les autres nageoires, que le corps.
Cliquez sur la photo pour agrandir

1 Mérou noir en Corse

Il possède de petites écailles se recouvrant largement et incluses dans une peau épaisse. Les nageoires pectorales arrondies et de belle taille sont surmontées d’un repli cutané écailleux. La coloration est brunâtre parfois gris foncé à gris clair, voire rougeâtre avec des taches claires irrégulières en « nuages » et formant parfois des bandes claires verticales et diffuses. Les grands individus (vieux mâles) sont brun uniforme. La variabilité des livrées est importante.
Biotope : Caractérisé par sa grande sédentarité pendant la période estivale ou dans les espaces protégés, le mérou brun est présent sur des fonds rocheux accidentés avec des cavités ou des grottes pour s’abriter, même si on le trouve également sur les fonds sableux autour des posidonies et des zostères. Il n’aime pas les endroits trop perturbés.
Il est trouvé de 5 à 100 m de fond au moins. Les juvéniles fréquentent des biotopes plutôt de type éboulis, ne dépassant guère les 15 m de profondeur, ils sont alors très cryptiques* et donc difficilement observables. Adulte, il préfèrera les zones de tombant, de coralligène* ou les fonds rocheux accidentés plus profonds même s’il aura toujours tendance à rester au dessus de la thermocline*. Ces différences de biotopes entre stade juvénile et stade adulte empêchent en théorie les rencontres entre adultes et juvéniles.
La fidélité aux sites est grande pour les vieux mâles et généralement faible pour les jeunes femelles, même si cela va être très variable selon les sites et la taille de la population de mérou.
Si l’été il semble clair que le mérou brun soit très sédentaire et reste au-dessus de la thermocline, le comportement hivernal est beaucoup plus variable et va dépendre surtout de la topographie de la zone et de la taille de la population.
Il a été montré qu’en Sicile à l’approche de l’hiver, les mérous bruns avaient tendance à descendre vers des zones de 30 m et plus, alors que ces mêmes poissons sont trouvés sur des zones moins profondes lors de la période estivale (Lembo et al., 1998). En revanche, une étude récente menée dans la réserve marine de Cerbères-Banyuls montre plutôt une très grande sédentarité de tous les individus quelle que soit la saison. Lorsque la température baisse, le poisson aura seulement tendance à rester caché dans son gîte (Astruch et al., 2006).
Distribution : Méditerranée et Atlantique Est depuis la Bretagne sud jusqu’à l’Afrique du Sud et dans l’Atlantique Ouest (Brésil et Bermudes), mais il n’est pas certain qu’il s’agisse de la même espèce pour l’Atlantique Ouest. Notons qu’il est très rare au nord du golfe de Gascogne. E. marginatus a été signalé à La Réunion et dans le sud de Madagascar.

Réf. bibliographique DORIS – FFESSM