Grand Cérianthe – Cerianthus membranaceus

Critères de reconnaissance : Tentacules externes longs, internes courts. Tube muqueux où l’animal peut se rétracter en totalité. Couleur variable et différente des 2 types de tentacules. Sur substrats meubles

Description : Les cérianthes ressemblent à de grandes anémones de mer. Le corps du grand cérianthe est un polype solitaire qui porte à son extrémité supérieure plusieurs couronnes de tentacules (plus de 200).
La couronne extérieure (les tentacules marginaux peuvent atteindre 20 cm) porte plusieurs rangées de longs tentacules dont les couleurs sont très variables et parfois composées de larges stries (mauve, violet, orange, jaune, blanc, vert fluorescent, brun, bleuté et noir). La couronne intérieure (tentacules labiaux), souvent de couleur différente, supporte les courts tentacules qui entourent et masquent l’orifice buccal. Les tentacules effilés et urticants du cérianthe ne sont pas rétractables.
L’envergure de la couronne tentaculaire atteint 40 cm de diamètre et le corps finit en cône de 35 à 40 cm de long chez l’adulte.
L’animal se protège en sécrétant un tube muqueux assez large et épais (mucus qui se solidifie au contact de l’eau et s’amalgame au substrat environnant). Il peut s’y rétracter totalement. Le tube est toujours profondément ancré dans le sédiment sableux ou vaseux, il peut mesurer plus d’un mètre de long. Le tube, composé d’un tissu de filaments urticants aux propriétés antibactériennes, est percé à son extrémité pour permettre l’évacuation de l’eau lors du déplacement de l’animal dans le tube muqueux.
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Ainsi, au moindre danger, le cérianthe peut rapidement disparaître dans son tube.
Il n’y a pas de disque basal adhésif, comme chez les vraies anémones. Bien que fixé, le cérianthe est capable de se déplacer et de reconstruire un nouveau tube.
Biotope : Présent dans les eaux calmes sur des fonds meubles (sable et vase), il supporte une pollution légère (dans les ports) mais moins facilement une exposition directe du soleil (sciaphile*). On le rencontre habituellement à l’entrée des grottes, au pied des tombants et dans les herbiers de posidonies, dans tous les cas sur les substrats détritiques. En faciès rocheux ou coralligène le tube est fiché dans une fissure colmatée de sédiment. Sur les fonds envasés ou sableux des étangs littoraux, des spécimens sont trouvés par petits fonds, depuis quelques dizaines de cm à plus de 40 m de profondeur. Distribution : Espèce décrite initialement comme endémique de Méditerranée, on la trouve en Méditerranée occidentale Nord et centre, dans le nord de l’Adriatique, mais également en Atlantique Nord-Est, jusqu’aux côtes de Bretagne.

Réf. DORIS – FFESSM